S'il y a bien quelque chose d'extraordinaire avec la finance de marché, c'est la manière avec laquelle les politiques s'en mêlent, histoire de re-moraliser cette discipline.
15 jours d'interdiction de vente à découvert devraient normalement donner une bonne leçon aux affreux spéculateurs, et garantir un retour à la sérénité.
Quelle blague!
Tout d'abord, il s'agit de 15 jours d'interdiction de vente à découvert sur les valeurs bancaires, uniquement. Pourquoi ? Parce que ce sont elles qui sont les doux cabris que l'on souhaite apparemment brutalement attaquer sur ces marchés.
Mais alors, les autres valeurs ne baissent-elles pas aussi ? Si, si, mais les autres....c'est moins grave. Les bancaires ont en elles un risque systémique, une puissance à faire éclater tout le système si l'une d'entre elles parmi les plus importantes venait à exploser. Alors qu'une valeur industrielle, une pharmaceutique ne risque en fait...que pour elle même."Too Big To Fail", l'adage ne fonctionne que pour les bancaires.
Ensuite, parce que n'importe qui possédant des connaissances fondamentales sur les marchés sait qu'en vendant un contrat à terme sur un indice qui inclus une bancaire et en achetant les autres valeurs, crée une vente à découvert synthétique. Pas besoin d'avoir la Médaille Fields pour savoir ça. Donc, il faudrait interdire tous les contrats à terme sur indice. Mais cette interdiction amènerait la panique chez les gérants qui souhaitent couvrir les positions qu'ils détiennent, et il est certain que pour éviter un risque trop grand, ils vendraient purement et simplement les valeurs de leurs portefeuilles et la baisse serait encore plus prononcée.
Enfin parce que la valeur des institutions bancaires n'est pas reflétée dans leurs cours de bourse puisqu'il est impossible, quoi qu'on en dise, de savoir réellement le niveau des risques et des pertes potentielles qu'elles détiennent, par l'opacité des transactions qu'elles mènent et l'existence de paradis fiscaux chez lesquelles elles ont toutes une officine. C'est d'ailleurs une caractéristique symptomatique.
Finalement, on nous a resservi la même histoire que d'habitude - méchants spéculateurs diaboliques contre gentilles bancaires qui financent l'économie. Et les médias ont tous emboîté le pas. Pas un seul ne s'est posé la question de programmer prochainement une émission spéciale sur les vendeurs à découvert et leurs pertes lorsque les marchés montent "de manière irrationnelle". Et non, comme la vaste majorité des portefeuilles sont acheteurs de titres, l’exubérance des marchés lorsqu'elle est portée par la hausse pose finalement moins de cas de conscience.
15 jours d'interdiction de vente à découvert devraient normalement donner une bonne leçon aux affreux spéculateurs, et garantir un retour à la sérénité.
Quelle blague!
Tout d'abord, il s'agit de 15 jours d'interdiction de vente à découvert sur les valeurs bancaires, uniquement. Pourquoi ? Parce que ce sont elles qui sont les doux cabris que l'on souhaite apparemment brutalement attaquer sur ces marchés.
Mais alors, les autres valeurs ne baissent-elles pas aussi ? Si, si, mais les autres....c'est moins grave. Les bancaires ont en elles un risque systémique, une puissance à faire éclater tout le système si l'une d'entre elles parmi les plus importantes venait à exploser. Alors qu'une valeur industrielle, une pharmaceutique ne risque en fait...que pour elle même."Too Big To Fail", l'adage ne fonctionne que pour les bancaires.
Ensuite, parce que n'importe qui possédant des connaissances fondamentales sur les marchés sait qu'en vendant un contrat à terme sur un indice qui inclus une bancaire et en achetant les autres valeurs, crée une vente à découvert synthétique. Pas besoin d'avoir la Médaille Fields pour savoir ça. Donc, il faudrait interdire tous les contrats à terme sur indice. Mais cette interdiction amènerait la panique chez les gérants qui souhaitent couvrir les positions qu'ils détiennent, et il est certain que pour éviter un risque trop grand, ils vendraient purement et simplement les valeurs de leurs portefeuilles et la baisse serait encore plus prononcée.
Enfin parce que la valeur des institutions bancaires n'est pas reflétée dans leurs cours de bourse puisqu'il est impossible, quoi qu'on en dise, de savoir réellement le niveau des risques et des pertes potentielles qu'elles détiennent, par l'opacité des transactions qu'elles mènent et l'existence de paradis fiscaux chez lesquelles elles ont toutes une officine. C'est d'ailleurs une caractéristique symptomatique.
Finalement, on nous a resservi la même histoire que d'habitude - méchants spéculateurs diaboliques contre gentilles bancaires qui financent l'économie. Et les médias ont tous emboîté le pas. Pas un seul ne s'est posé la question de programmer prochainement une émission spéciale sur les vendeurs à découvert et leurs pertes lorsque les marchés montent "de manière irrationnelle". Et non, comme la vaste majorité des portefeuilles sont acheteurs de titres, l’exubérance des marchés lorsqu'elle est portée par la hausse pose finalement moins de cas de conscience.